LA PESTE ORANGE – Quand la conscience apprend à justifier l’inacceptable

Comment des individus ordinaires, parfois bienveillants, peuvent-ils progressivement devenir agressifs, intolérants, voire justifier des violences qu’ils auraient autrefois condamnées ? Il suffit parfois d’observer les fils d’actualité et les réseaux sociaux pour constater un phénomène troublant : l’insulte devient un argument, l’humiliation une victoire, la menace une plaisanterie et la violence une nécessité morale. Plus inquiétant encore : ceux qui adoptent ces comportements restent souvent convaincus de défendre la paix, la liberté et la justice. Comment expliquer ce paradoxe ? Essai · Philosophie & psychologie sociale La peste orange Obéir, se conformer, se convaincre et justifier moralement ses actes Hannah Arendt, Leon Festinger, Albert Bandura, Stanley Milgram et Solomon Asch : cinq éclairages pour interroger la banalisation de la violence dans nos fils d’actualités. Une métaphore à manier avec précaution. « La peste orange » désigne ici la diffusion et la normalisation de pratiques de violence verbale. Elle ne qualifie aucune population de maladie. Malgré les associations politiques possibles du titre, l’analyse ne vise pas un camp : elle invite à examiner des conduites, y compris les nôtres. Une humiliation apparaît dans un fil d’actualités. Quelqu’un rit, quelqu’un partage, quelqu’un explique que la personne visée l’a bien cherché. Ce qui

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