Le paradoxe du rebelle : dénoncer le système en parlant sa langue
Pourquoi même les “dissidents” passent-ils à côté de la véritable clé ? Parce qu’ils se battent contre les murs de la cage sans jamais remarquer la porte ouverte. La dissidence moderne croit s’opposer au système, mais elle reste construite par le système, dans le langage du système, à l’intérieur des catégories mentales du système. Le dissident critique l’État mais continue de penser comme un administré. Il rejette les lois, mais continue de raisonner avec les outils du droit positif. Il conteste la manipulation, mais continue d’habiter la fiction juridique qui rend cette manipulation possible. Ce n’est pas un manque de volonté : c’est un conditionnement. On n’aperçoit jamais la frontière du monde dans lequel on a été élevé. On confond les limites de la cage avec les limites de la réalité. Le dissident, comme le citoyen conforme, a grandi dans un environnement où la personne juridique est tenue pour évidente, naturelle, indiscutable. On lui a appris quoi contester, jamais ce à partir de quoi il conteste. Dès lors, il ne voit pas que sa colère, son indignation, son sentiment d’injustice… se déploient toujours dans l’identité fictive que le système lui a assignée à la naissance. Il cherche la liberté en […]
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